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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 21:57

Voilà, j'ai accouché de 2 filles...

Ce n'est pas un problème en soi. Mais, voilà, c'est tout de même un certain coût à anticiper avant leur puberté... Or, j'apprends que les filles sont pubères de plus en plus jeunes et donc réglées de plus en plus tôt aussi... Ah oui? Et pourquoi donc???


Des responsables, il en existerait plusieurs, je cite, en vrac, les hormones de croissance utilisées dans certaines cultures (on se calme sur le soja les filles!!!), mais aussi... Le bisphénol A (BPA). Ok, c'est quoi ce nom barbare?


Le bisphénol A (BPA) est un composé chimique issu de la réaction entre deux équivalents de phénol et un équivalent d'acétone.La première synthèse chimique du bisphénol A est due à M. Dianin (1891). Il a été très étudié dans les années 1930 au cours de la recherche d'oestrogènes de synthèse. Il ne fut jamais utilisé comme œstrogène de synthèse (on l'a échappé bel nous les femmes!) du fait de la découverte à la même époque d'un autre composé de synthèse, le diéthylstilbestrol, dont les propriétés se révélèrent plus intéressantes. (pas moins nocives?)

Par contre, le BPA est grandement utilisé aujourd'hui dans:

* la fabrication du plastique (présent dans les biberons avant l'interdiction en France en juin 2010 pour des raisons sanitaires), massivement présents dans les boîtes type tupperware

Les résines utilisées comme revêtement intérieur des boîtes de conserves

* Les résines composites d'obturation utilisés pour les soins dentaires. De par ses liaisons esters, le Bis-GMA n'est pas hydrolysé et ne libère donc pas de bisphénol A, ni le Bis-EMA. Ces deux monomères sont les plus fréquemment utilisés. Seul le Bis-DMA montre des signes d'hydrolysation et de libération de bisphénol A. Renseignez vous donc auprès de votre dentiste pour avoir ces précisions.

dans des produits de consommation courants depuis les lunettes de soleil et les CD

 

2-2_boite_hermetique02.jpg

 

 


Le bisphénol A est connu pour s'extraire des plastiques spontanément, de façon plus importante s'il est nettoyé avec des détergeants puissants ou utilisé pour contenir des produits plus acides ou des liquides à hautes températures.

95 % des échantillons d’urine collectés auprès d'adultes américains contenaient des niveaux quantifiables de BPA. ( Calafat AM, Kuklenyik Z, Reidy JA, et al. Urinary concentrations of bisphenol A and 4-nonylphenol in a human reference population. Environ Health Perspect 2005 ; 113 : 391-5.)

Il peut être accumulé dans les tissus gras. La contamination humaine se fait essentiellement par ingestion mais un passage par les voies respiratoires ou la peau est possible.

 

Et quelles sont les conséquences du BPA?

Les endocrinologues constatent une augmentation des problèmes testiculaires chez les garçons, de l'obésité précoce et une avancée de l'âge de puberté des filles (selon une étude publiée en 2010, ayant porté sur 1239 jeunes filles de 3 régions des Etats-Unis, 15% d'entre elles ont entamé leur puberté vers 7 ans, et 20% avaient de premiers poils pubiens dès 8 ans, ce qui confirme des résultats danois montrant que la formation des seins est de plus en plus précoce chez les jeunes européennes. Des variations ethniques ou régionales sont constatées, qui pourraient être liées à l'alimentation et éventuellement à l'exposition au Bisphénol A ou à d'autres facteurs environnementaux.)

En effet, le BPA est un leurre hormonal, capable de « mimer » l’effet des hormones sexuelles féminines qui ont un rôle dans la fonction de reproduction, mais aussi le développement d’organes comme le cerveau ou le système cardio-vasculaire.

Massivement produit et dispersé dans l'environnement depuis quelques décennies, il est déjà couramment retrouvé dans l’organisme d’une large majorité de la population, quel que soit l’âge, et notamment chez les enfants.

Que dit l'AFSSA?

En avril 2010, elle a estimé qu'il n'y a « pas de raison de modifier les habitudes alimentaires », mais que « la protection des consommateurs doit être renforcée, et le niveau d'exposition de la population réduit ». L'AFSSA se fonde sur 769 échantillons d'aliments et sodas analysés, ayant montré des teneurs variables, inférieures au seuil de détection jusqu'à 17 microgrammes par kilogramme (µg/kg) d'aliment voire atteignant 128 µg/kg dans les conserves de légumes, poissons et plats cuisinés. Suite à ce travail, l'agence en appelle à une mobilisation de l'industrie (…) pour mettre au point des substituts du BPA pour les usages alimentaires et à une réévaluation des limites de migration spécifique du BPA.

 

En attendant, l'AFSSA (agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation) recommande un étiquetage systématique des produits contenant du BPA que les consommateurs ne chauffent pas ces produits trop longtemps. La présence de BPA dans les aliments est principalement due à sa migration à partir des matériaux au contact, ce phénomène étant accentué par le chauffage.

 

La polémique autour de la crédibilité de l'AFSSA a été de nombreuses fois discutée: Le Canard enchaîné a dénoncé un conflit d'intérêt en faisant remarquer que de nombreux membres du comité d'experts de l'Afssa étaient également employés par l'industrie du plastique (« Un biberon pour la route », dans Le Canard enchaîné du 19 novembre 2008.)

 

Le BPA ne serait pas l'unique composant des plastiques à poser des problèmes pour la santé.

Le DEHA (Di [2-ethyhexyl]adipate),  présent dans le PVC,  peut avoir des impacts négatifs sur le foie, les reins, la rate, la formation osseuse. En 1991, l'EPA (Environnmental Protection Agency) a classé le DEHA comme cancerogène probable. 

Une autre substance chimique, le styrène peut présenter des risques pour la santé selon plusieurs études. Présent dans le polystyrène, le styrène est considéré comme toxique pour le cerveau et le système nerveu en cas de forte expositon. Le styrène peut avoir des effets nuisibles sur les globules rouges, le foie, les reins et l'estomac d'après des tests réalisés sur des animaux. 

Pour reconnaître à quel type de plastique vous avez à faire, il faut trouver le numéro inscrit dans le logo recyclage en dessous du récipient. Il est compris entre 1 et 7.

 

Décryptage des plastiques et utilisations

plastique-1-PET.jpg 

1 PETE ou PET : Polyéthylène Terphthalate 
Utilisations courantes : bouteilles d'eau minérale et de jus de fruits, emballages jetables de toutes sortes (boîtes pour salades, plateaux de présentation), emballages résistants au four, emballages de cosmétiques.

 

 

 

plastique-2-HDPE.jpg 

2 HPDE : Polyéthylène de haute densité (Pehd)
Utilisations courantes : bouteilles de lait, bouchons vissés, flacons pour cosmétiques, jouets, ...

 

 

 

plastique-3-PVC.jpg 

 3 PVC ou V : Polychlorure de vinyle 
Utilisations courantes : boites alimentaires, bouteilles d'eau minérale, films alimentaires, flacons, jouets. 
Le PVC est considéré comme un matériau à la fois dangereux pour l'environnement et la santé. Il contient du DEHA. Les produits en PVC éliminés dans les décharges contribuent certainement à la formation de dioxines et de furanes lors d'incendies accidentels des décharges. Le plomb, le cadmium ou les composés organostanniques sont des substances toxiques couramment utilisées comme stabilisants dans les PVC ; les phtalates sont des substances toxiques couramment utilisées comme plastifiants.

plastique-4-LDPE.jpg

 4 LDPE : Polyéthylène basse densité 
Utilisations courantes : barquettes, films alimentaires, flacons, jouets, sacs congélation, sacs poubelles

 

 

  

plastique-5-PP.jpg 

 5  PP : Polypropylène 
 Utilisations courantes : barquettes (beurre, margarine), pots de yaourt, biberons

 

 

 

plastique-6-PS.jpg6 PS : Polystyrène 
Utilisations courantes : couverts et verres en plastique, emballages alimentaires (pot de yaourt) emballage pour les oeufs... Le styrène est considéré comme toxique pour le cerveau et le système nerveu chez les ouvriers exposés à long terme à cette substance. Des effets indésirables sur les globules rouges, le foie, les reins et l'estomac ont été relevés.

 

plastique-7-other.jpg7 Other : Autres, habituellement du polycarbonate
Utilisations courantes : récipients alimentaires (bouteilles de ketchup...), biberons (ceux qui datent d'avant juin 2010), les bouteilles en plastique de 20 litres, gourdes, gobelets en plastique rigides. On trouve du bisphénol A dans cette catégorie de plastiques.  
Les bouteilles contenant du bisphénol A sont habituellement rigides, translucides et colorées.  

 

On trouve du bysphénol A dans la catégorie 7, du styrène dans la catégorie 6 et du DEHA dans la catégorie 3.

 

Conseils d'utilisation des plastiques alimentaires

Voici quelques recommandations, inspirées du Smart Plastic Guide (édité en 2005) :


- Evitez de passer des récipients en plastique au micro-ondes ou au lave vaisselle. Ne vous fiez pas aux mentions « micro-onde » souvent peu fondées.
- Evitez d'utiliser les films plastiques, ne pas les passer au micro-onde. Si vous les utilisez, éviter qu'ils entrent en contact avec les aliments. 
- Utilisez autant que possible des emballages alternatifs au plastique.
- Les bouteilles d'eau en plastique, en PET ( catégorie 1) ne sont pas concernées par le bisphénol, et sont considérées non dangereuses. Il est toutefois préférables de ne pas les réutiliser. Si vous êtes du genre à douter de tout, passez à l'eau du robinet.
- Si vous utilisez des bouteilles en plastique en polycarbonate (catégorie 7), évitez de chauffer la bouteille, et - débarassez-vous de celles qui sont abimées (rayures..). Les bouteilles marquée de la catégorie 1 et 2 sont destinés à une utilisation unique.
- Pour les nourrissons, préferez au ploycarboante les bouteilles en verre, à défaut en polyéthylène ou en polypropylène.
- Quand il n'y a pas de mention sur les biberons, n'hésitez pas à contacter le fabriquant pour savoir à quelle catégorie appartient le produit. 
- Réchauffez de préférence les aliments ou les liquides dans des récipients en verre avant de les transférer une fois à température ambiante dans un biberon par exemple. 
- Evitez de mettre des aliments gras dans des recipients en plastique. Ils qui accroissent la libération de BPA.
- N'utlisez pas de détergents puissants pour les laver (libération de BPA).

Mon avis : Il ne semble pas y avoir d'avis unanime sur la question. Les désaccords portent sur les doses, qui sont généralement considérées bien trop faibles par les industriels du plastique pour avoir des conséquences sur la santé.  Mais, si certains composants chimiques pris séparément ne montrent qu'une toxicité faible qu'en est-il de notre exposition même minime, mais concomitante, à des dizaines de composés chimiques différents, même très faiblement toxiques? La prudence est donc de mise, la simple prise de conscience peut nous amener, sans catastrophisme, à changer nos comportements afin de minimiser notre prise de risque individuelle. 

J'ai décidé de balancer mes boîtes en plastique (doucement et discrètement parce que depuis que j'ai viré les poêles en teflon, c'est tendu dans la cuisine). Il existe de nombreuses alternatives, par exemple on peut trouver cette marque sur internet:link

Il en existe de nombreuses autres, n'hésitez pas à inscrire plus bas si vous trouvez des produits de bonne qualité dans les environs (49)

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Published by marie.nature. - dans santé
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