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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 10:25

  "Mensonges sur le divan" d'Irvin Yalom (professeur emerite de psychiatrie à Stanford) 1996)

 

 

 

 

Ce livre remet en question avec légèreté et humour quelques principes de la psychanalyse (le thérapeute ne se dévoile pas, il présente une attitude distanciée avec son patient...).  En s'arrêtant sur l’histoire psychothérapeutique de quelques personnages, l'auteur s'aventure à proposer un tout autre modèle théorique psychanalytique... délicieusement rebelle !

        

Voici un premier extrait qui nous donne le ton :

 

Au début du livre, un psychanalyste se trouve à être jugé par ses pairs pour avoir couché avec une patiente. Voici une partie de sa réponse:

« Quelles techniques ai-je employées? Je crains que vous n'ayez pas bien compris. Ma technique consiste à abandonner toute technique! (...) C'est tout simplement la première règle d'une bonne thérapie. Et ça devrait être également la vôtre si vous voulez devenir psychothérapeute. J'ai essayé d'être plus humain, moins mécanique. Je ne prépare jamais de plan thérapeutique précis (...), je me fie à mon intuition. »

 

L'auteur nous donne aussi accès au point de vue des patients:

 

Voici les propos de Belle, qui insiste auprès de son psychanalyste pour avoir des relations sexuelles avec lui :

« Vous en faites des tonnes sur le respect dû à l'unicité de chaque patient, mais vous prétendez ensuite qu'un seul ensemble de règles convient à tous les patients, quelle que soit la situation. Vous mettez tous les patients dans le même sac, comme s'ils fonctionnaient tous, et devaient tous être traités, de la même manière. »

« qu'est-ce que le plus important: respecter les règles et rester bien calé dans votre petit fauteuil confortable, Ou bien faire du mieux possible pour votre patient? »

 

Si ce livre tente d’abord de démystifier la psychanalyse, il est aussi un « thriller » : Que vont devenir les patients ? Les nouvelles méthodes de psychothérapie seront-elles efficaces ?

                        

Extrait pour l’humour (échange entre 2 psys):


"-Il avait appris ça du vieux Jung, c'est sûr.

-Très certainement. Jung n'avait aucun scrupule à sauter sur ses patientes. Presque tous ces grands patriarches de la psychanalyse étaient des cavaleurs invétérés : Otto Rank sautait Anaïs Nin, Jung se tapait Sabina Spielrein et Toni Wolff, et Ernest Jones tringlait à peu près tout le monde, au point de devoir quitter au moins deux villes après des scandales sexuels. Sans parler de Ferenczi, qui avait vraiment beaucoup de mal à ne pas poser les mains sur ses patientes. Freud fut à peu près le seul à ne pas se laisser aller à ce genre de choses.
- Peut-être parce qu'il était trop occupé à enfiler sa belle-sœur Minna.
- Non, je ne crois pas. Il n'y a pas de preuve indiscutable là-dessus. Je pense que Freud est arrivé très vite dans le fameux royaume de la sérénité testiculaire."

 

 

Bref, ce livre, écrit simplement, se parcourt rapidement ou pas….selon l’envie de chacun de s’arrêter sur les questions profondes que peuvent nous renvoyer certaines scènes de prime abord légères…

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 12:21

 

 

Si je devais résumer ce roman spirituel en une phrase, j'écrirais simplement qu'il s'agit du réveil à la vie d'une femme engourdie par le train-train de son confortable quotidien.

 

Ella, femme américaine de 40 ans semble s'épanouir dans son rôle de maman et d'épouse. Pourtant, progressivement elle ouvre les yeux sur la réalité de son quotidien étriqué : Malgré, son niveau de vie aisé, matériellement comblée, elle réalise ses manques et se débat pour dépasser ses craintes et oser aller de l'avant.

 

Via un échange de lettres avec un homme qui la guide dans cette remise en cause personnelle, Ella se pose des questions fondamentales sur ce qu'elle désire, ce qu'elle est prête à perdre, et sur ce qui lui est essentiel. Inévitablement, elle ouvre le débat du sens de la vie.

 

Tout en nous racontant l’évolution d’Ella, Elif Shafak (femme écrivain turque, né à Strasbourg) nous entraine sur les traces du soufisme, un courant mystique de l'Islam.

 

Quelques extraits:

 

"Bienheureuse et riche est votre vie, pleine et complète --- à ce que vous croyez. Jusqu'à ce que quelqu'un arrive et vous fasse comprendre ce que vous avez raté tout ce temps. Tel un miroir qui reflète plus ce qui manque que ce qui est là, il montre les vides de votre âme -- les vides que vous avez refusé de voir. Cette personne peut être un amant, un ami ou un maître spirituel. Parfois il peut être un enfant sur lequel veiller. Ce qui compte, c'est de trouver l'âme qui va compléter la vôtre. Tous les prophètes ont donné le même conseil : trouvez celui qui sera votre miroir ! Pour moi ce miroir est Shams de Tabriz."
Rûmi (érudit persan soufi du XIIIè siècle)

 

"Tout l'univers est contenu dans un seul être humain : toi. Tout ce que tu vois autour de toi, y compris les choses que tu n'aimes guère, y compris les gens que tu méprises ou détestes, est présent en toi à divers degrés. (...) Si tu parviens à te connaitre totalement, si tu peux affronter honnêtement et durement à la fois tes côtés sombres et tes côtés lumineux, tu arriveras à une forme suprême de conscience."

 

"Peu importe qui nous sommes et où nous vivons, tout au fond, nous nous sentons tous incomplets. C'est comme avoir perdu quelque chose et éprouver la nécessité de le retrouver. Quel est ce "quelque chose" ? La plupart d'entre nous ne le découvrirons jamais. Et parmi ceux qui y parviennent, plus rares encore sont ceux qui partent à sa quête."

 

Merci à la copine qui m'a transmis ce livre!

 

Un commentaire est bienvenu pour celles (ceux?) qui l'ont déjà lu!

 

 

 

 

 

 

 

 

Environ 15€, édition Phebus

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 17:52

 

Si vous souhaitez entrer dans la culture du pays du Soleil Levant, pas de doute, Haruki Murikami a du talent pour vous y aider!

Cet auteur a su prendre de la distance par rapport à son pays natal en s'exilant plusieurs années aux USA et ailleurs, et cela facilite notre approche et notre ouverture d'esprit.


Le thème central de ce livre repose sur l'attentat produit dans le métro de Tokyo en 1995 : Des adeptes de la secte Aum ont percé des poches de gaz sarin (arme chimique) en pleine heure de pointe et, ce faisant, ont tué une dizaine de personnes, et blessé plusieurs milliers.

 

Trois parties se succèdent:

 

Dans la première partie, Haruki Murakami rapporte des entretiens qu'il a eu avec les victimes ou proches des victimes de cet attentat. Ces dizaines d’entretiens retranscrits donnent un effet un peu redondant et sont parfois un peu lassants mais bizarrement, ce sont aussi ces répétitions qui nous permettent, au final, d'avoir une idée des multiples facettes de la population japonaise.

 

Au milieu du livre, telle une charnière, un chapitre intitulé "cauchemar aveugle : Où allons-nous, nous, japonais?" nous amène à réfléchir sur les responsabilités de la société, et plus intimement sur l'ambivalence de chaque être humain. L'auteur réussit à nuancer notre point de vue : Non, Il n'y a pas d'un côté les méchants de la secte d'Aum et de l'autre les gentils. Comment ces évènements ont pu avoir lieu dans un pays réputé si pacifique? Comment empêcher une nouvelle tragédie?

L'auteur ne répond pas mais il ouvre le débat et nous amène, mine de rien, à un questionnement personnel intéressant.

 

Extrait de cette réflexion: 

"Le "phénomène" Aum me dérange précisément parce que ce n'est pas l'affaire de quelqu'un d'autre. Il montre une image déformée de nous-mêmes qu'aucun d'entre nous n'aurait pu prévoir. (...) On explique en psychologie que les rencontres qui déclenchent un profond dégoût physique sont souvent en fait des projections de nos propres défauts, de nos propres faiblesses. Très bien, mais en quoi cela est-il lié à ce sentiment de terreur que j'éprouvais ce jour-là (en les regardant exécuter une danse incompréhensible) devant la station de métro ? Non, je ne suis pas en train de dire : "Voilà, par la grâce de -ce que vous voudrez-, en différentes circonstances, j'aurais pu rejoindre le culte de Aum et diffuser du gaz sarin dans le métro." ça n'a aucun sens sur le plan réaliste (ou logistique). Je veux seulement dire que quelque chose dans cette rencontre, dans leur présence, a dû exister en nous également pour provoquer forcément de notre part un rejet aussi actif et aussi conscient. Ou plutôt : "ils" sont le miroir de "nous"!

 

(…)"Notre société a tendance à considérer comme "maladie" tout mode de pensée ou de comportement qui est incommode pour le système, et cela est plausible parce que, quand un individu ne s'insère pas dans le système, cela cause une douleur à l'individu ainsi que des problèmes au système. Ainsi la manipulation d'un individu pour l'adapter au système est considérée comme un "remède" à une "maladie" et donc comme bénéfique. (...) comme le dit l'adage japonais : "le clou qui dépasse prend un coup de marteau". Du point de vue des adeptes Aum, tandis qu'ils affirmaient leur autonomie, la société et l'Etat les attaquaient en déclarant qu'ils appartenaient à un "mouvement antisocial", à un "cancer" qu'il fallait éradiquer. Cette agression est la raison pour laquelle ils sont devenus plus antisociaux encore."

 

 

Enfin, la troisième partie est consacrée aux entretiens de personnes ayant appartenu à la secte Aum : Là encore, rien n'est simple et il ne s'agit pas de se faire un avis tranché : Les interviewés y exposent toute leur perplexité humaine, leur conflit, leur doute. Panel d'émotions variées garanti pour le lecteur! On navigue entre colère, indignation mais aussi mansuétude, perplexité, questionnement...

 

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 11:20
"Souvenez-vous de ceci, femmes qui me lisez : on ne nous juge pas commes les hommes." Louise Michel

 

De 1900 à aujourd'hui, ce livre vient témoigner de l'évolution du statut et des droits de la femme. Il est truffé de témoignages et d'anedoctes et est agrémenté de magnifiques photos. On y découvre des confidences, des analyses de la société. 

 

Ce livre est à offrir à toutes les jeunes filles, à toutes les jeunes femmes : N'oublions pas d'où nous venons et de l'énorme évolution que nous avons connu en un siècle. Même si aujourd'hui encore, des inégalités persistent (pour un même travail, 20% de rémunération en moins pour une femme, par exemple!)

 

 

femmes.jpg

 

Les femmes ont le droit de voter depuis le 21 avril 1944 en France, près d'un siècle après l'adoption du suffrage universel masculin. Les francaises voteront pour la première fois aux élections municipales le 29 avril 1945. C'est pendant l'Occupation que les mentalités ont changé, à cette époque de nombreuses femmes rejoignent la Résistance. De ce fait, elles montrent leur courage et leur engagement, ce qui conduira le général de Gaulle à reconnaître l'égalité économique et politique.

 

Voici un extrait d'une correspondance de 1910, d'une certaine Marie. Elle se questionne sur la société de l'époque, mais sa réflexion n'est-elle pas toujours d'actualité?:

 

"Pour certains, qui poussent à un degré excessif l'orgueil du sexe, la femme n'est qu'un instrument à l'usage de l'homme. Avec une pareille mentalité, l'usage, forcément, comporte des abus. L'imbécile orgueil d'espèces, de castes, de classes (...) fait croire aux puissants de partout que leur pouvoir sur les plus faibles est un droit naturel.

Et, dans l'ordre de la nature, l'esprit, humain par orgueil, ne s'égare t-il pas? Quand, pour une éphèmère satisfaction du palais, une gloriole d'adresse, un bizarre accès de vanité, nos bêtes de bassecour sont gavées, mutilées de manière à obtenir un développement exagéré du foie, une finesse de chair plus grande ; et les hôtes gracieux des forêts acculés, sous prétexte de chasse, à la mort la plus douloureuse, sommes-nous bien dans notre rôle de créatures raisonnables? Pas plus qu'une jeune fille n'a été élevée pour la satisfaction égoïste et brutale d'un mâle, ces êtres, sur qui nous avons quelque supériorité d'intelligence ne nous ont été livrés que pour le martyre. notre jugement est faussé par l'orgueil."

 

 

Ou encore,

 

"L'obstacle le plus difficile est non pas la résistance des classes exploitantes mais l'apathie des classes exploitées. Quiconque se sent l'âme libre agit en être libre, même s'il est soumis à des conditions tyranniques. Mais pour qui a besoin d'être mené en esclave, pas de régime libéral capable de l'émanciper."

 

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 23:28

C'est un livre écrit à deux mains: Philippe et Nicole Jeammet sont tous deux "psy". Ils abordent les nouvelles conditions de vie et les répercussions sur la vie de couple. C'est analysé avec simplicité et c'est à la fois déculpabilisant et apaisant. Cette approche est rare et ça met du baume au coeur! 

 

Extrait:

 

"C'est bien cette assurance d'un "être tout aimable" qui est recherchée et donnée lors d'une rencontre amoureuse. Brusquement, surtout s'il s'agit d'un coup de foudre, je me vois dans les yeux d'un autre, toute belle et toute aimée, et cet autre se voit, lui, tout beau et tout aimé dans mes yeux - se réjoue là quelque chose de cette expérience première d'une bienheureuse illusion de complétude dans le regard maternel (ou si elle n'avait pas été donnée, il s'agira alors d'une possible première naissance à soi-même et à l'autre). Or, c'est précisément cette illusion expérimentée qui est pour chacun un moment fondateur, car nécessaire à toute désillusion. Au fond, je peux vérifier là qu'un terrain commun à l'autre et à moi existe, où le plaisir se partage, sans que soient mis en cause des territoires à défendre. Mais cette confiance de base n'est qu'un point de départ, elle est le socle sur lequel devra ensuite se faire un long et douloureux travail d'apprentissage de la solitude dans le maintien du lien... Et c'est bien là que le quiproquo s'installe : tous, nous voudrions en rester à ces moments magiques du début de la rencontre et nous installer définitivement dans ce rêve d'un bonheur parfait et durable."

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 15:22

Mon dernier coup de cœur est un recueil de nouvelles, un court roman, et à chaque page c’est le même enchantement!
L’Antarctique est le livre de Claire Keegan, paru en 1999, mais traduit de l'anglais (Irlande ) par Jacqueline Odin en 2010.
Quinze nouvelles, un véritable étourdissement, un recueil qui porte si bien son titre. Les femmes, dans ces textes, traversent une immensité froide, s'éloignent de leurs repères. Il y a quelque chose de redoutable, de rude et d'impérieux dans ces mots-là. Des portraits qui égratignent. Et pourtant, le ton, s'il est incisif, n'est pas à l'introspection. C'est l'intensité des scènes, effrayantes de précision pour le moindre détail, l'incertitude d'une attitude, ces secondes de temps flottant, une densité saisie et saisissante en instantanés à la fois pudiques et prosaïques.
On peut être surpris, dérangée parce que c'est parfois dérangeant, par la violence des sentiments suggérés, par la brutalité de certains mots. C'est un style épuré qui dit l'essentiel, qui évoque des moments choisis du quotidien, la même pointe qui touche au plus juste, une tension sensible.
«Il faut regarder le pire en face pour être paré contre tout.» L’univers de Claire Keegan apparaîtra à certains lecteurs nimbé d’espoir, alors que d’autres le trouveront sombre.
On peut tenir pour certain que l’auteur approuve les femmes de ses histoires lorsqu’elles font en sorte de se sentir vivantes. Elles apprennent à conduire en douce, répondent à une petite annonce, sortent de chez elles, quitte à prendre des risques. «L’Antarctique» (la première nouvelle, celle qui donne son titre au recueil) s’ouvre sur cette phrase : «Chaque fois que la femme heureuse en ménage partait, elle se demandait comment ce serait de coucher avec un autre homme.» Elle va bientôt le savoir...

Extraits :
" Une nuit de décembre constellée, les coups d'avertisseur des voitures. Ce serait bientôt Noël. La jeune fille a saisi la balustrade et regardé en bas. Un embouteillage de furieux taxis jaunes obstruait les carrefours des rues au-dessous d'elle. Elle a pris une inspiration. Elle s'est rappelée avoir lu quelque part que le vertige cache une attirance pour la chute. Soudain, ces mots ont eu pour elle une signification terrifiante. Si elle n'avait pas envisagé de sauter, se tenir au bord du vide ne lui aurait rien coûté. Elle s'est imaginée la chute, a imaginé la sensation qu'elle aurait, à plonger, à disparaître ainsi, être tout pendant quelques instants seulement, puis s'anéantir. Elle a imaginé le soulagement d'en avoir terminé avec l'existence; puis elle a reculé dans la pièce et fermé les portes au verrou. "
.
" Les femmes de ma famille se rassemblent autour de moi dans la chambre, elles ont préparé du thé, tasses et soucoupes en porcelaine exhumées du buffet, cliquetis de vaisselle sur les plateaux. Ce sont de robustes bourgeoises campagnardes, qui aiment à penser qu'elles m'ont inculqué la différence entre le bien et le mal, les bonnes manières et les mérites du labeur. Des femmes capricieuses, au ventre plat, qui ont renoncé et appellent ça le bonheur. Nous venons de femmes qui réconfortent les hommes, des hommes qui ne disent jamais non. Aujourd'hui, elles remplissent leurs plus belles tasses, posent des questions sur mon avenir, demandent - Qu'est-ce que tu fais à présent ? - et - Qu'est-ce que tu vas faire à présent ? - , ce qui n'est pas exactement la même chose.
- Je vais écrire, dis-je. Un roman obscène, ai-je envie d'ajouter, un livre lubrique et paillard, à côté de quoi " Fanny Hill, la fille de joie " passera pour vos missels du dimanche. La vraie réponse, c'est que je n'en sais rien.
Ecrire est une drôle de profession, surtout à mon âge. Elles calculent mon âge mentalement, essaient de se rappeler ce qui a eu lieu vers l'époque de ma naissance, qui est mort. Elles ne sont pas très sûres, mais je ne suis plus toute jeune. Je devrais avoir d'autres projets à l'heure qu'il est, m'accrocher à un célibataire ayant un salaire régulier et une voiture convenable.
- " Toi et tes bouquins ! " disent-elles, secouant la tête, extrayant le meilleur des sachets de thé. "
Editeur : Sabine Wespieser

 
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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 21:06

 

Je souhaitais vous faire connaitre le dernier roman de Daniel Pennac, Journal d'un corps. (Edition Gallimard)

pennac.jpg

J’ai apprécié à la fois le style et le contenu. Un vrai moment de bonheur !

Résumé :

Le narrateur est un homme de 87 ans. Il lègue à sa fille une sorte de « journal intime », principalement et volontairement axé sur son corps et ses ressentis. Ce journal débute à l’aube de ses 13 ans et progresse au fil des années.

L’auteur se livre de façon directe, sans fausse pudeur et nous entrons rapidement dans son intimité masculine.

Une façon d’approcher l’ « homme » pour nous les femmes et peut être, une façon de vous questionner et vous confronter à ce point de vue, vous, les hommes…

C’est parfois drôle, toujours perspicace, souvent déconcertant !

Bref, c’est un livre qui entre-ouvre certaines portes (c’est un peu comme mater un mec par le trou de serrure !) et permet de regarder le monde (les hommes !) un peu autrement !

Seul bémol : Des détails un peu trop réalistes parfois dans les descriptifs de ses maux physiques qui peuvent donner la nausée…

Quelques extraits :

« 16 ans, 6 mois : Ce qu’il y a d’extraordinaire, quand je me fais jouir, c’est cet instant que j’appelle le passage de l’équilibriste : la seconde où, juste avant de jouir, je n’ai pas encore joui. Le sperme est là, prêt à jaillir, mais je le retiens de toutes mes forces. L’anneau de mon gland est si rouge, mon gland lui-même tellement gonflé, tellement prêt à éclater que je lâche mon sexe. Je retiens mon sperme de toutes mes forces en regardant mon sexe vibrer. (…) Je peux retenir l’éruption une fois, deux fois, et c’est chaque fois un vrai délice. Mais le désir absolu c’est cet instant où, finalement, je perds pour de bon, où le sperme submerge tout et coule tout brûlant sur le dos de ma main. Ah ! La merveilleuse défaite ! Ça aussi c’est difficile à décrire, tout ce dedans qui passe au dehors et en même temps tout ce plaisir qui t’engloutit… Cette éruption qui est un engloutissement ! C’est la chute de l’équilibriste dans le cratère en fusion ! »

« A 62 ans, 9 mois : L’autre peut être un remède à l’angoisse, à condition qu’il nous soit intimement étranger, un peu indifférent. Il n’est pas une journée de travail qui n’ait raison de mon angoisse. Dès que je franchis les portes de la boîte, l’homme social prend le dessus sur l’homme angoissé. Je suis aussitôt réceptif à ce que les autres attendent de moi : attentions, conseils, félicitations, ordres, encouragements, plaisanteries, engueulades, apaisement… Je deviens interlocuteur, partenaire, rival, subalterne, bon patron ou croquemitaine, j’incarne l’image même de la maturité. Le rôle a toujours eu raison de mon angoisse. Mais les proches, eux, les nôtres, trinquent à tous les coups, parce qu’ils sont nôtres précisément, constitutifs de nous-mêmes, victimes propitiatoires du marmot que nous restons toute notre vie. »

J'espère vous avoir donné envie de lire ce beau roman!

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 19:02

petit_20prince.jpg

 

 

Bonjour !

Voici un texte qui me trouble toujours autant. Quelle est selon vous l'idée essentielle de ce passage? Qu'est ce qu'il vous inspire?

Vos commentaires sont les bienvenus.

Marie

 

 

 

VII

Le cinquième jour, toujours grâce au mouton, ce secret de la vie du petit prince me fut révélé. Il me demanda avec brusquerie, sans préambule, comme le fruit d’un problème longtemps médité en silence :

« Un mouton, s’il mange les arbustes, il mange aussi les fleurs ?

— Un mouton mange tout ce qu’il rencontre.

— Même les fleurs qui ont des épines ?

— Oui. Même les fleurs qui ont des épines.

— Alors les épines, à quoi servent-elles ? »

Je ne le savais pas. J’étais alors très occupé à essayer de dévisser un boulon trop serré de mon moteur. J’étais très soucieux car ma panne commençait de m’apparaître comme très grave, et l’eau à boire qui s’épuisait me faisait craindre le pire.

« Les épines, à quoi servent-elles ? »

Le petit prince ne renonçait jamais à une question, une fois qu’il l’avait posée. J’étais irrité par mon boulon et je répondis n’importe quoi :

« Les épines, ça ne sert à rien, c’est de la pure méchanceté de la part des fleurs !

— Oh ! »

Mais après un silence il me lança, avec une sorte de rancune :

« Je ne te crois pas ! Les fleurs sont faibles. Elles sont naïves. Elles se rassurent comme elles peuvent. Elles se croient terribles avec leurs épines… »

Je ne répondis rien. À cet instant-là je me disais : « Si ce boulon résiste encore, je le ferai sauter d’un coup de marteau. » Le petit prince dérangea de nouveau mes réflexions :

« Et tu crois, toi, que les fleurs…

— Mais non ! Mais non ! Je ne crois rien ! J’ai répondu n’importe quoi. Je m’occupe, moi, de choses sérieuses ! »

Il me regarda stupéfait.

« De choses sérieuses ! »

Il me voyait, mon marteau à la main, et les doigts noirs de cambouis, penché sur un objet qui lui semblait très laid.

« Tu parles comme les grandes personnes ! »

Ça me fit un peu honte. Mais, impitoyable, il ajouta :

« Tu confonds tout… tu mélanges tout ! »

Il était vraiment très irrité. Il secouait au vent des cheveux tout dorés :

« Je connais une planète où il y a un monsieur cramoisi. Il n’a jamais respiré une fleur. Il n’a jamais regardé une étoile. Il n’a jamais aimé personne. Il n’a jamais rien fait d’autre que des additions. Et toute la journée il répète comme toi : "Je suis un homme sérieux !  Je suis un homme sérieux !" et ça le fait gonfler d’orgueil. Mais ce n’est pas un homme, c’est un champignon !

— Un quoi ?

— Un champignon ! »

Le petit prince était maintenant tout pâle de colère.

« Il y a des millions d’années que les fleurs fabriquent des épines. Il y a des millions d’années que les moutons mangent quand même les fleurs. Et ce n’est pas sérieux de chercher à comprendre pourquoi elles se donnent tant de mal pour se fabriquer des épines qui ne servent jamais à rien ? Ce n’est pas important la guerre des moutons et des fleurs ? Ce n’est pas sérieux et plus important que les additions d’un gros monsieur rouge ? Et si je connais, moi, une fleur unique au monde, qui n’existe nulle part, sauf dans ma planète, et qu’un petit mouton peut anéantir d’un seul coup, comme ça, un matin, sans se rendre compte de ce qu’il fait, ce n’est pas important ça ! »

Il rougit, puis reprit :

« Si quelqu’un aime une fleur qui n’existe qu’à un exemplaire dans les millions et les millions d’étoiles, ça suffit pour qu’il soit heureux quand il les regarde. Il se dit : "Ma fleur est là quelque part…" Mais si le mouton mange la fleur, c’est pour lui comme si, brusquement, toutes les étoiles s’éteignaient ! Et ce n’est pas important ça ! »

Il ne put rien dire de plus. Il éclata brusquement en sanglots. La nuit était tombée. J’avais lâché mes outils. Je me moquais bien de mon marteau, de mon boulon, de la soif et de la mort. Il y avait sur une étoile, une planète, la mienne, la Terre, un petit prince à consoler ! Je le pris dans les bras. Je le berçai. Je lui disais : « La fleur que tu aimes n’est pas en danger… Je lui dessinerai une muselière, à ton mouton… Je te dessinerai une armure pour ta fleur… Je… » Je ne savais pas trop quoi dire. Je me sentais très maladroit. Je ne savais comment l’atteindre, où le rejoindre… C’est tellement mystérieux, le pays des larmes !

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 20:23

peur.jpg

de Virginie DUMONT, édition les histoires de la vie.

Résumé: Ce livre évoque, sous forme de fiction, la délicate question de la violence de certains adultes envers les enfants et les difficultés qu'ont ces derniers à comprendre. Il propose aussi des réponses pour leur apprendre à dire non et à mieux se protéger, sans pour autant les inciter à refuser la tendresse de leurs proches ou à se méfier sans raison de tout un chacun.

En fin d'ouvrage, une liste d'adresses, d'associations et d'organismes susceptibles d'aider les enfants et leurs parents.

Commentaires d'Eléna, 9 ans:

J'ai bien aimé ce livre parce qu'il nous explique comment réagir si on croise une personne exhibitionniste ou aussi comment il faut se méfier sans avoir peur de tous les adultes. Ma maman ma acheté ce livre parce que j'ai peur des voleurs d'enfants.Ce livre ma rassuré.

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